lundi 24 juillet 2017

Les invités du jour : l'ombre et la transgression

Des littératures de l’ombre aux textes transgressifs, les éditions Luciférines avancent vers des courants contraires.

Ce n'est pas moi qui l'invente ; c'est écrit au fronton de la maison. Et dans les faits, que cela soit par le biais des courants gothiques, de l'horreur, de la fantasy ou de la science-fiction, l'ombre est bien présente dans la production de cette petite maison née d'un projet étudiant au sein de l'université de Rennes.

Les éditions Luciférines, dont le nom est bien plus lumineux que la teneur des ouvrages qu'elles proposent, sont présentes au festival Scorfel depuis 2014. Et force est de constater que le catalogue s'est bien étoffé depuis lors.

À la page des recueils, Les nouvelles peaux se sont vues complétées de Maisons hantées (le titre est ma foi explicite), et plus récemment de l'Anthologie Sombres félins.
Animal vénéré, adoré ou craint, compagnon des sorcières ou incarnation d’un démon sur Terre, le chat entretient dans l’esprit des Hommes l’image d’une créature de l’entre-deux. Depuis le célèbre Chat Noir d’Edgar Poe, et la rhétorique trouble du chat de Cheshire sous la plume de Lewis Caroll, le petit félin domestique est un familier des récits fantastiques, légendes urbaines et croyances ésotériques. 
Image issue du catalogue de l'éditeur.

Et si l'an dernier nous avions évoqué la sortie du Micronomicon, braquons enfin notre attention un instant sur le tout récent L'homme maigre de Xavier Otzi (dont vous avez pu lire par le passé Les pourris au Bélial').
Hybride mi-homme mi-bête, Djool dissimule sa nature et vit dans la solitude d’un cimetière de campagne. Quand il ne creuse pas la terre, il explore les plaisirs de la surface, joue du blues sur sa guitare, s’autorise des virées à Lyon, se passionne pour la télévision, découvre la saveur des aliments cuisinés. Sa vie bascule le jour où il croise la route de Konrad, un taxidermiste maniaque à la recherche d’une dépouille humaine pour composer sa plus belle chimère. Convaincu d’avoir trouvé un ami, Djool lui révèle ses souffrances et Konrad lui promet d’y mettre un terme. En échange, il doit l’aider à voler un corps.
Image issue du catalogue de l'éditeur.
Cette année, Jeanne Sélène présentera l'étendue du catalogue, ses propres nouvelles et ses propres livres. Et comme chaque année, Quentin Foureau (l'homme qui pratique la taxidermie au tournevis) sera présent aussi pour vous guider au milieu des ombres. Le personnage est aussi conteur, mais nous y reviendrons probablement plus tard...

jeudi 20 juillet 2017

Le jeu du jour : Sombre

Si vous arpentez un minimum les conventions ou les réseaux sociaux, vous avez sans doute associé les termes Bodycount et Sombre. Car Sombre, le jeu de Johan Scipion, s'est forgé une solide réputation de moulinette à PJ1.

Mais réduire le jeu à ce running gag serait une grave erreur ! Derrière le comptage morbide des cadavres (et des rares survivants) se cache une petite perle : un jeu immersif que Johan mène avec talent ! Ses parties de conventions sont souvent très courtes et s'adressent à tous, y compris à ceux qui n'ont jamais joué au jeu de rôle ! Aucune raison de ne pas sombrer2 !

Illustration issue de www.legrog.org.

Ne ratez donc pas cette nouvelle occasion de trembler en compagnie de Johan, ni de découvrir les nouvelles sorties de Sombre parues depuis sa première venue à Scorfel en 2015, dont le tout frais Sombre 7 !

Ailleurs sur la toile...

Le site du jeu
Le septième numéro



1 Personnages Joueurs. L'ignorer n'est pas une tare, mais le signe qu'il est temps de rendre une visite au festival !


2 L'auteur de ce jeu de mot douteux sera châtié.

lundi 17 juillet 2017

Les invités du jour : ces Trégorrois qui prennent la plume

Foin de violence, penchons-nous aujourd'hui sur la douceur du monde, les méandres de l'Histoire et de ses enfants ; les mythes.

Elle est notre voisine et nous apprenions en 2015 qu'elle était amoureuse des étoiles, de l'art, des légendes et des époques révolues (et pourtant prête à prendre la pilule rouge pour suivre le lapin blanc). Laetitia Arnould n'en finit pas de publier et elle sera de nouveau parmi nous cette année. Parmi ses thèmes de prédilection ; des contes, des légendes toujours, et beaucoup de femmes parmi lesquelles, au hasard, les héroïnes de Ronces Blanches et Roses Rouges.
Orphelines d'un passé dont elles n'ont aucun souvenir, Sirona et sa jeune soeur Eloane sont aussi différentes qu'inséparables. Quand leur tutrice, Iphigénie Whitecombe, fiance l'aînée à un inconnu, leur avenir sombre dans l'incertitude... Pour échapper au mariage qui l'effraie et à la colère dévastatrice de Mme Whitecombe, Sirona prend la fuite.
Illustrations issues du site de Laetitia Arnould.
Jeremy Angelo Napoli fait partie de la fratrie de l'autrice sus-citée et cela se devine. Mais il est surtout notre voisin lui aussi et il sera également une nouvelle fois parmi nous. En 2015, il nous racontait qu'un petit séjour à Londres au XIXème siècle [lui conviendrait] tout à fait. Mais c'est finalement une époque un peu plus reculée qu'il est allé exploré entre-temps dans Alter echoes.
Florence, XVème siècle. Laurent de Médicis, Lucrèce Borgia, Léonard De Vinci, Ludovic Sforza, Michel-Ange... Vous connaissez leur nom et leur histoire. Mais si tout cela n'était qu'illusion ? Et si, parmi ces hauts personnages de la Renaissance, s'étaient glissés des êtres capables de prendre des apparences différentes, des hommes dotés du don de clairvoyance, des réincarnations de personnes disparues plusieurs siècles auparavant ou même une harpie ?
Illustration issue du site de Jeremy Angelo Napoli.
Enfin, s'il est une histoire qui nous tient à cœur, c'est bien celle qui est à la source de nos affiches, de notre nom et de notre logo (grâce au grand talent et à l'inestimable sympathie de Gaboo) ; il s'agit bien sûr de celle de Scorfel, ce petit dragon des Traouïeros. Et c'est une histoire qu'a contée Edwige Louvet Barreau une première fois peu après notre rencontre en 2015 (elle aussi !), et qu'elle a depuis mise en images pour les plus jeunes. Si vous n'avez pas pu la rencontrer au dernier festival de la BD de Perros-Guirec (c'était pourtant dans la presse !), ne la ratez pas cet automne à Lannion !

Scorfel 2016 (photographies de François).

jeudi 13 juillet 2017

Les jeux du jour : le Morbihan attaque

Si, dans l'espace, personne ne vous entend crier, vous pouvez en revanche sur Terre faire beaucoup de bruit dans l'épanchement de votre douleur - autour d'une table s'entend. Ce qui saura sans nul doute ravir vos adversaires.

Car permettez que nous ne souscrivions pas aux Cassandre qui crient à qui veulent bien les entendre que la jeunesse est corrompue par la violence des jeux. Il y a beaucoup plus d'ironie dans la conquête du monde lors d'une partie de Imperial qu'il n'y a de cynisme dans notre réalité. Et la victoire d'un combat épique avec pour seules armes quelques cartes, figurines ou dés est peut-être plus exutoire et bien moins violente qu'une rencontre sur un champ de bataille, pour un duel, ou même sur un ring.

Et dans le plaisir de l'élimination gratuite de l'adversaire, Serial Battle s'impose. À constater l'occupation continue de la table durant le festival depuis 2014, nul doute que le jeu plaît.
Serial battle est un tournoi à mort contrôlant les plus bas instincts de notre société lui permettant d’assouvir son besoin de violence naturelle. Enraciné dans la culture, il a fait disparaître les guerres et le crime organisé, car de nos jours tout conflit, grand ou petit, se règle lors d’un serial battle. C’est aussi l’occasion, pour ceux dont la vie ne se déroule pas comme ils le souhaiteraient, de remporter la super cagnotte offerte au vainqueur dont la somme est tellement colossale qu’elle permet de se racheter une existence.
Photographies issues de la page Facebook de Serial Battle.
Canaliser la violence par les médias, l'abrutir par le jeu ; de Running Man jusqu'aux dystopies récentes destinées à la jeunesse, en passant par Room 25 ou Le prix du danger, voilà bien une constante depuis le cirque de l'empire romain.

Une violence qui remonte à la nuit des temps et qui sous-tend également l'affrontement entre les grandes civilisations. Dans Shindra, soyons fous, vous vivrez la confrontation des grecs et des... aztèques. Si !
Shindra est un jeu de cartes dans lequel vous incarnez le Dieu d’une civilisation prestigieuse. En usant de votre redoutable stratégie, conservez la vénération de vos sujets, gagnez celle de vos adversaires et la victoire sera vôtre.
Illustrations issues de la page Facebook de Shindra.

Serial Battle et Shindra sont deux fers de lance de la bouillonnante activité créatrice ludique du Morbihan, à tester cet automne durant le festival. Une activité que l'association ID2GNI cherche à fédérer, avec des rencontres régulières et peut-être un collectif d'auteurs, une convention... Et pour prolonger le plaisir, l'univers de Shindra se déploie également en bandes-dessinées.

lundi 10 juillet 2017

L'invité du jour : l'espaaace infini

Quoi de plus flamboyant pour rentrer dans la programmation du festival 2017 que de se précipiter dans l'espace profond par la grande porte de la science-fiction ?

Le space-opera, sous-genre qui se caractérise par des histoires d'aventures épiques et qui rime le plus souvent avec exploration spatiale et guerres intergalactiques (voire avec sabres lasers ou Vulcains), semble avoir de nouveau le vent en poupe. Ainsi, rien qu'en France, les éditions Critic bien connues de nos visiteurs ont proposé ces dernières années l'imposant Dominium Mundi de François Baranger et tout récemment le premier volume de Spire de Laurent Généfort (lequel s'est illustré de longue date dans cette veine aussi bien que dans le planet-opera avec par exemple Omale ou Lum'en). Depuis un an, le petit monde de l'édition de science-fiction française bruisse de mille avis favorables pour l'excellent Latium de Romain Lucazeau.

Couvertures des éditions Critic, Denoël.

Pour illustrer la tendance, nous recevrons deux auteurs indépendants jamais encore accueillis à Lannion.

Franck Cassili est, dit-il, féru de littérature de l'imaginaire et d'Histoire, ce qui est une combinaison féconde comme le prouvent aux moins deux des trois ouvrages cités ci-dessus. Son premier roman, Le Mantra Originel, met en scène un contrebandier libre [qui] parcourt la galaxie aux commandes de son vaisseau ultramoderne géré par l’étonnante intelligence artificielle Antor 1700. Contrebande, guerre civile, dissidence et néo-chamans ; à vous de nous dire si cette aventure vous fera oublier la pâlotte bluette fantasy d'un certain Georges Lucas.
Couverture de Pulp Factory.


Myriam Caillonneau est une autre passionnée de livres et de récits qui déménagent. Naturellement, elle se met à son tour à l'écriture et opte pour la science-fiction avec le volumineux cycle Yggdrasil. Myriam s'est-elle inspirée du vaisseau-arbre des excellents Cantos d'Hypérion de Dan Simmons ou bien de l'Arbre-Monde de la mythologie scandinave ? Venez donc le lui demander !
Une dictature religieuse et militaire règne sur la galaxie. L'armée sainte, fanatiquement dévouée à la cause de celui qui se fait appeler Dieu, élimine impitoyablement ceux qui refusent de suivre les préceptes de la religion. Pourtant, les hérétiques propagent les paroles d'une prophétie annonçant qu'un Espoir va se lever et libérer l'univers.
Couvertures issues du site de Myriam Caillonneau.